Cap Chat 1927

Percé 1927

Percé 1927

Le vicomte Jacques de Lesseps

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Nous devons toute notre reconnaissance à M. Yves Durette, pompier professionnel à Montréal et originaire de Matane d'avoir mis à notre disposition une collection impressionnate de photographies originales prises par Jacques de Lesseps. Ces photos patrimoniales couvrent l'ensemble du territoire des côtes gaspésiennes; elles nous livrent une source surprenante de détails géographiques et humains des villages qui occupaient la Gaspésie entre 1926 et 1927. Nous avons pu numériser l'ensemble de cette collection, et nous la présenterons bientôt dans ce chapître consacré à De Lesseps.

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Merci M. Durette!

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Voici une courte biographie du vicomte Jacques de Lesseps (1883-1927).

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Le vicomte Jacques de Lesseps est né en 1883. Il est le fils aîné de Ferdinand de Lesseps, le constructeur du canal de Suez.

Dès 1909, Jacques de Lesseps apprend le métier d’aviateur à l’école Louis Blériot, située sur le petit aéroport champêtre du Bourget, près de Paris. Il obtient son brevet de pilote qui porte le numéro 26. Ce brevet est délivré le 6 janvier 1910.

Avant l’obtention de son brevet, en décembre 1909, Jacques de Lesseps effectue le tout premier vol nocturne de l’histoire.

En 1910, il participe aux nombreuses compétitions et conférences sur le développement de l’aviation un peu partout dans le monde. Le 21 mai 1910, le comte de Lesseps obtient le prix Ruinart promis au premier pilote qui traversera la Manche. En 1909, Blériot avait déjà accompli cet exploit, mais sa traversée ne fut pas prise en compte en raison d’erreurs qu’il a commises en remplissant les papiers d’enregistrement de ce vol mémorable.

En juin et juillet 1910, Jacques de Lesseps participe au premier congrès d’Aviation de Pointe-Claire. Il effectue plusieurs sorties et le 2 juillet, jour de clôture du Congrès, c’est lui qui entreprend un premier vol en avion au-dessus du centre-ville de Montréal. Puis il gagne le grand prix de New York pour une course d’avions effectuée lors de l’exposition du Belmont Park, en octobre 1910.

Pendant la
première guerre mondiale, Lesseps sert sur le front comme pilote de bombardier et de reconnaissance aérienne. Ses exploits lui valent la croix de chevalier de la Légion d’Honneur et la croix de guerre avec sept citations.
Après la guerre, Jacques de Lesseps devient directeur technique de la compagnie aérienne Française-Canadienne (CAFC), qui se spécialise dans le domaine de la photogrammétrie, soit la rédaction de cartes géographiques à partir de photos aériennes.

Honoré Mercier, ministre des Terres et Forêts du Québec (ne pas confondre avec son père, l’ancien premier ministre du Québec), invite le pilote à faire l’inventaire du territoire gaspésien. C’est la première tentative pour dresser des cartes exactes des forêts depuis les airs. Cette technique s’avère beaucoup plus efficace que les relevés topographiques, difficiles à effectuer dans une région comme la Gaspésie.

Photo: Carte postale montrant Jacques de Lesseps et deux passagères inconnues à bord du Blériot IX. Photo prise en 1910. Source de la photo : www.centennialofflight.gov

Jacques de Lesseps fait donc la cartographie aérienne de la Gaspésie dans les hydravions Schreck FBA-21 et FBA-17 G-CAFO au cours des années 1926 et 1927. On remarque ses brillantes connaissances et ses qualités d’organisateur. Le comte de Lesseps installe une hydrobase principale à Gaspé et une hydrobase secondaire à Val-Brillant, sur les rives du lac Matapédia.

Entre 1926 et 1927, Lesseps photographie plus de 80 000 kilomètres carrés de territoire. Il est le premier homme à voir la Gaspésie du ciel.

Dans une lettre à son ami, le célèbre journaliste Olivar Asselin, il écrit:

«Vous ne pouvez vous imaginer le magnifique et émouvant spectacle que l’on peut avoir dans les cieux de Gaspé… Quelle merveilleuse vision offre aussi le contraste des couleurs entre la vaste péninsule et la mer qui la baigne: d’un côté, le velours vert et soyeux des forêts, artistiquement drapé suivant le caprice des monts et des vallées; de l’autre, le bleu du ciel, uni à celui du golfe éblouissant sous le soleil.» (Jules Bélanger, Du nouveau au sujet de Jacques de Lesseps, Gaspésie, vol. XXX, n° 1, mars 1991, p. 6-13).

Jacques de Lesseps et Theodor Chichenko, son copilote, ont disparu le 18 octobre 1927, alors qu’ils partaient de Gaspé pour un vol d’exploration du golfe du Saint-Laurent dans leur hydravion Schreck. Ils devaient se rendre à Val-Brillant, mais ils ne sont jamais arrivés. Les débris de l’appareil sont retrouvés sur le littoral le 22 octobre suivant. Le corps de Jacques de Lesseps a été retrouvé près de Terre-Neuve le 4 décembre. Le corps de Theodor Chichenko n’a jamais été retrouvé.

Les obsèques du comte Jacques de Lesseps, l’homme qui a rendu des services exceptionnels à l’aéronautique canadienne, ont eu lieu à Gaspé, le 14 décembre 1927. En 1932, on lui érige un monument dans cette ville.



Héros de l'aviation militaire pendant la "grande guerre" de 1914-1918, il s'y illustra notamment en utilisant pour la première fois des photographies aériennes.